Le mécénat culturel : vecteur de développpement de l’entreprise

À l’occasion des 10 ans de la loi de 2003, dite “Loi Aillagon”, relative au mécénat, la Commission Communication et Culture de l’APACOM a choisi de s’intéresser aux pratiques du mécénat culturel en entreprise. Voilà une façon originale d’affirmer des valeurs, une éthique et de participer à la valorisation de son territoire.

Pour bon nombre d’entre vous le mécénat culturel peut être un bon moyen pour communiquer autrement. Mais sait-on vraiment ce que recouvre ces actions, quels sont les intérêts pour vos structures (images, dispositif fiscal). Que suppose un tel engagement et comment le mettre en place ?

Vers une boîte à outils à l’usage du communicant

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Retour sur la 2ème rencontre Com et Culture

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Le 10 octobre dernier, entre témoignages et échange de savoirs, différents acteurs impliqués en région étaient réunis autour d’Emelie GOODING afin d’éclaircir les enjeux du mécénat culturel et ses potentialités de développement :

Anne GOMBAULT, professeur en management et responsable de la Chaire Art, Culture et Management en Europe (ACME) à Bordeaux Kedge Business School.
Sébastien CRUEGE, expert-comptable, commissaire aux comptes et correspondant mécénat pour l’Ordre des Experts-Comptables en Aquitaine
Francis ARNAUD, délégué régional de la Fondation du Patrimoine en Aquitaine
Marion BLANCHET, responsable communication du Crédit Mutuel du Sud-Ouest et correspondante régionale de la fondation d’entreprise
Éric BERNARD, créateur et directeur du festival Les Grandes Traversées
et Norbert FRADIN, promoteur immobilier et mécèneDSC_2558

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Nous constatons tout d’abord une méconnaissance du mécénat. Pour engendrer de telles pratiques, il faut d’abord croire en l’idée que l’entreprise peut soutenir la création et pas seulement dans de grands Groupes. En France, malgré la réglementation de l’U.E. qui tend à encourager ces actions, le constat reste mitigé :

75% d’entreprises ne connaissent pas les pratiques / la démarche de mécénat.
1/3 n’en connaissent pas les avantages
50% n’ont pas les moyens
16% en font /et la moitié de ces 16% ne donnent pas plus de 100 000 €

Pour encourager les pratiques de mécénat, faut-il encore savoir comment les mettre en place :

  •  En comptant sur la créativité des échanges entre artistes et entreprises, le maintien des stratégies cohérentes et saisir les valeurs ajoutées d’un tel processus.
  • En développant des facteurs d’apprentissage, car envisager le mécénat c’est d’abord croire à une nouvelle économie, s’appuyer sur des pratiques innovantes et croire en une évolution des comportements au coeur même des organisations.
  • En comprenant le rôle paradoxal de l’État, qui apparaît volontaire face aux pratiques du mécénat (réductions d’impôts, dotations…) tout en affaiblissant les entreprises qui semblent s’en saisir (par la réglementation, contraintes fiscales…).
  • En n’oubliant pas que le contexte de crise économique encourage la faiblesse philanthrope, dans la mesure où ces pratiques ne garantissent aucun retour sur investissement et paraissent non-rentables.

Deux témoignages ont pu illustrer ce contexte particulier :

Pour le Crédit Mutuel Sud Ouest, faire du mécénat c’est avant tout co-construire des projets d’ensemble, en dépassant la simple apposition de logos. L’objectif est bien de faire entrer la vie locale dans les agences et créer du sens.

Pour la Fondation du Patrimoine en Aquitaine qui tend à sauvegarder et valoriser le patrimoine rural non-protégé, le mécénat d’entreprise reste un outil à mobiliser. Il a permis notamment de rénover le salon Boireau du Grand Théâtre de Bordeaux, le verrou de l’Estuaire de la Gironde ou encore la médiathèque de Pau…

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Et qu’en est-il de la relation entre porteur de projet et mécène ?

Eric BERNARD et Norbert FRADIN, pour le festival les Grandes Traversées, évoquent une relation entre coopération, échange et philanthropie. Il s’agit de défendre une passion acharnée, d’aller chercher des artistes du monde entier et de créer l’actualité. Le festival reste porté par un double mécénat : une action publique (succession de sources privées) et la volonté d’un mécène. C’est une histoire de rencontres. En un mot, un mécène au coeur d’un projet !

Le mécénat, entre vecteur de développement économique et social et enjeu de communication, encourage les entreprises à s’ouvrir et à changer leurs pratiques : ils n’invitent pas l’ensemble du public mais permet que le grand public se sente invité.

La « crème des live tweets » :

 

 

Margaux Cacheur et Nicolas Chabrier

Photos Magalie Balech

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