Les grandes manœuvres débutent dans les télés locales

Le Figaro.fr – 09/05/2009
Paule Gonzalès
Patrice Carmouze présente Actu & Co, le magazine de l’actualité francilienne de Cap 24. Crédits photo : Baptiste FENOUIL/REA
Le Groupe Hersant Média cherche un éventuel partenaire. NRJ veut multiplier les accords.
 
Ce devait être l’eldorado, mais les opérateurs qui ont tenté l’aventure commencent à déchanter. Après dix-huit mois d’un lancement en grande pompe, mené par un Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) volontariste, le petit monde des télévisions locales peine à trouver son rythme de croisière.
Une quarantaine de petites chaînes essaimées aux quatre coins de l’Hexagone tentent, pour l’instant en vain, de trouver leurs téléspectateurs et leur modèle économique. Il faut dire qu’avec des effectifs d’une vingtaine de personnes en moyenne, des chiffres d’affaires qui restent inférieurs à deux millions d’euros et des budgets qui ne vont guère au-delà, il est difficile d’espérer voir le marché décoller.
Les difficultés affichées de certaines d’entre elles comme Télé Lyon Métropole, ou les menaces du dépôt de bilan comme pour TLT à Toulouse poussent plusieurs investisseurs à jeter l’éponge et à se désengager purement et simplement du dossier.
Aux premières loges, la presse régionale qui, comme les groupes Ebra et Hersant, a beaucoup misé sur les télés locales comme complément naturel des quotidiens locaux, mais aussi les Caisses d’épargne présentes dans plusieurs tours de table. Les rumeurs vont bon train sur plusieurs entités notamment dans le sud et le centre de la France mais aussi à Paris.
Le Groupe Hersant Média qui dispose de cinq fréquences – à Paris (Cap 24), Nîmes (téléMiroir), Caen (CityzenTV), Grenoble (téléGrenoble), Troyes (Canal 32) – ne cache pas sa volonté d’entamer des discussions avec d’éventuels partenaires. Il a effectué les premières approches avec le groupe Bolloré Média. Ce dernier a lancé, il y a quatre ans, la chaîne de la TNT Direct 8 qui rencontre un certain succès.
Le groupe Bolloré pourrait trouver une cohérence à constituer une petite galaxie de chaînes locales autour de sa chaîne nationale, même si aujourd’hui Jacques Séguéla, le conseiller très écouté de Vincent Bolloré, ne «croit pas» à un tel développement.
Syndication de certains contenus
Plus avancées sont les propositions de syndication formulées par Jean-Paul Baudecroux, patron fondateur du groupe NRJ. Lui aussi associe une chaîne de la TNT en Île-de-France, NRJ Paris, avec une chaîne de la TNT nationale NRJ12. Fort d’une expérience de dix-huit ans dans la syndication des programmes de radio – son groupe détient 252 radios locales et fait travailler 140 journalistes – ce dernier se sent prêt à tenter l’aventure en télévision.
«On pourrait imaginer que NRJ fournisse en programmes, notamment de prime time, toutes ces télévisions qui éprouvent des difficultés à remplir leur grille. Ainsi elles pourraient consacrer tous leurs moyens à de la production locale. En échange, nous pourrions proposer de la publicité nationale commercialisée aux côtés des annonceurs locaux», explique Jean-Paul Baudecroux. Mais un tel dispositif n’a de sens qu’à la condition de convaincre 90 % de ces télévisions locales. Le patron de NRJ prend donc son bâton de pèlerin et sillonne la France pour trouver les accords nécessaires.

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