Quand la musique est bonne…

sans-titreConvaincus du potentiel encore sous exploité de la musique comme vecteur de communication pour les marques, Eric Muller et Maurin Zahnd créent Mooders en 2008. Ce collectif de compositeurs & sound designers créent des univers sonores et des musiques originales pour les marques et les nouveaux contenus interactifs.

Maurin Zahnd a plusieurs écoles de batteries à son actif et un parcours de musicien interprète. La composition et la production sont venues avec l’opportunité de faire une musique de commande. Il a adoré pouvoir s’impliquer à tous les niveaux de la production musicale, de la genèse jusqu’aux finitions. Quant à Eric Muller, il a démarré sa carrière de communicant dans le secteur musical pour rapidement choisir le métier de musicien et vivre dix années de tournées internationales et d’enregistrements studio.

Qu’apportez-vous concrètement aux entreprises ? 

Avec Mooders nous donnons de la valeur ajoutée aux marques par le biais de la musique. Nous insufflons les valeurs de la marque dans la musique. Nous faisons en sorte qu’elle soit adaptée à son support de diffusion, afin de faire au mieux résonner la marque et servir son message.

Nous proposons un service sonore clé en main :

  • création : conseiller, participer à l’élaboration du brief, composer, enregistrer, réaliser des bruitages… ;
  • production : identifier les besoins humains en fonction des briefs, organiser les séances de studio avec des chanteurs, des musiciens, des comédiens, gérer et diriger tous les intervenants ;
  • technique : mixage, mastering, mise au format en fonction des modes de diffusion (web, télévision et cinéma) ;
  • juridique et administratif : établir les contrats de cession de droits, le paiement des différents intervenants.

J’entends bien l’intérêt qu’apporte un habillage sonore : il sublime, transcende l’image. Quel est votre cheminement créatif pour arriver à ce résultat ?

Pour habiller l’image, nous présentons très rarement plusieurs pistes créatives. Nous faisons en sorte de saisir au mieux les attentes de nos partenaires par le biais d’un brief car le point de départ crucial de tout projet, c’est le brief !

Il doit être le plus complet possible, pour garantir une création sonore pertinente qui valorise au mieux la marque. Nous avons besoin de savoir qui est notre interlocuteur, quelles sont ses valeurs, sa cible, son positionnement, son ADN, son histoire, mais aussi quels sont les enjeux du projet auquel nous participons… Chaque information est une source d’inspiration et influera sur nos choix de timbres, de couleurs musicales. Par exemple on ne fera pas la même musique sur une collection d’hiver et d’été pour du prêt-à-porter, même si les valeurs de la marque restent évidemment les mêmes.

Après s’être imprégnés du projet, nous confrontons notre interprétation du brief et passons à la phase créative. Nous nous mettons d’accord sur les grandes lignes (style musical, instruments et timbres utilisés, structure, type de mélodies…) et l’un de nous part sur la composition. Le client n’écoute rien tant que nous ne sommes pas tous les deux pleinement satisfaits. Nous avons un échange permanent sur notre travail. Ce qui permet d’avoir un regard neuf, construit et riche sur nos productions.

Quelles difficultés rencontrez-vous avec une entreprise qui souhaite créer son identité sonore ?

En fait la principale difficulté c’est d’amener une marque à prendre conscience de l’importance stratégique de la création de son identité sonore. Même si elles sont de plus en plus nombreuses à être conscientes de l’impact positif auprès des consommateurs, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

L’identité sonore semble rester l’apanage des grandes multinationales. Qu’en pensez-vous ?

C’était vrai il y a quelques années, mais c’est en train de changer parce que les marques commencent à saisir le bénéfice qu’elles peuvent tirer d’une création d’identité sonore. Il s’agit d’une vraie prise de conscience quelle que soit la taille de l’entreprise. Nous avons travaillé avec de grandes marques et nos deux dernières demandes de réflexion étaient pour des PME : une agence évènementielle et un centre commercial.

Existe-t-il des tendances ou des effets de mode musicaux en matière d’habillage publicitaire ?

Il y a plusieurs types d’habillage sonore publicitaire : la synchronisation (utilisation d’un morceau préexistant) et la création sur mesure. L’actualité musicale influera le choix des publicitaires en matière de synchronisation. Un morceau ou un groupe en tête des classements aura de fortes chances de se retrouver sur un spot TV. Les artistes les plus synchronisés en 2012 étaient Dépêche Mode, M83, C2C. Un morceau connu est confortable car fédérateur et au pouvoir émotionnel fort. A l’opposé, on fait appel à une création sur-mesure pour un brief très particulier, unique donc par définition qui ne s’inscrit pas dans une tendance.

Le mot de la fin ?

C’est un métier passionnant. On peut faire la musique d’un film publicitaire un jour et conseiller une marque pour une stratégie sonore le lendemain. Les possibilités qu’offre la création musicale numérique sont illimitées. La variété des projets, des interlocuteurs, des marques et des enjeux rend impossible toute routine.

Propos recueillis par Catherine Sarnow

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