Quelle place pour Twitter dans les campagnes électorales ?

180209 - Twitter campagnes électoralesEn 2018, il est devenu impensable de mener une campagne électorale sans Twitter. Le réseau social est devenu un outil de communication incontournable pour les hommes et femmes politiques. Avec l’arrivée de Twitter, mais aussi de Facebook, d’Instagram, de Snapchat et de LinkedIn, un nouvel équilibre s’instaure entre les médias traditionnels et les réseaux sociaux.

Avant Twitter, c’était comment ?

Avant les années 2 000, quand on n’allait pas voir les candidats en meeting public, on les regardait sur son poste de télévision. Ainsi sont apparus les débats télévisés en 1960 aux Etats-Unis (opposant le Démocrate Kennedy et le Républicain Nixon) et pour l’élection présidentielle de 1974 en France (opposant Giscard d’Estaing et Mitterrand).

En 2017, on continue de regarder les débats télévisés, bien sûr, mais on suit aussi les fils Twitter des candidats. Emmanuel Macron possède 2,3 millions de followers, François Hollande et Nicolas Sarkozy chacun 2,1 millions, Marine Le Pen 2 millions.[1] Que les hommes et femmes politiques soient derrière leur smartphone pour twitter ou que leur community manager le fasse pour eux, la moindre de leurs interventions est désormais scrutée, analysée, relayée, parfois amplifiée et déformée.

Twitter, place publique pour le meilleur et pour le pire

De nombreux exemples témoignent de l’importance de Twitter dans les campagnes électorales : la victoire de Donald Trump en 2016, le renouvellement du mandat de Barack Obama en 2012, la victoire du mouvement « En Marche » créé ad hoc pour la présidentielle par Emmanuel Macron, l’affaire François Fillon avec le hashtag « Penelopegate ». Ces exemples montrent que l’usage de Twitter en politique peut avoir des conséquences positives comme négatives et que ses effets sont irréversibles.

Il est donc capital de mesurer l’importance des réseaux sociaux pour saisir les enjeux des campagnes politiques à venir. Comme les autres réseaux sociaux, Twitter crée du lien entre une personnalité politique et son public. Twitter est une application d’autant plus intéressante qu’elle donne lieu à plusieurs types de relations : il y a ceux qui lisent le tweet parmi d’autres (relation one-to-many), ceux qui lisent attentivement et retweetent (relation one-to-few) et ceux qui répondent systématiquement, engageant une relation privilégiée avec l’interlocuteur (relation one-to-one).[2]

180209 - Twitter place publique

Quelle complémentarité entre les médias traditionnels et Twitter ?

Les hommes et femmes politiques doivent apprendre à maîtriser leurs interactions numériques pour appréhender au mieux les attentes de l’électorat. Twitter est un réseau social transparent, sans filtre, où les personnalités publiques doivent faire preuve de clarté, d’intelligibilité tout en ciblant au maximum leur contenu… et ce en 280 caractères ![3] Grâce aux hashtags et aux identifications par pseudo, l’information et le contenu qu’ils dévoilent se classent et se hiérarchisent, et ce n’est qu’en maîtrisant parfaitement cet outil de communication que leurs idées phare pourront atteindre leur électorat potentiel.

C’est là qu’interviennent les communicants ! Comme l’explique Arnaud Mercier, professeur de communication à l’Université Panthéon-Assas, toute la complexité des réseaux sociaux comme Twitter réside dans la relation ambivalente qu’ils entretiennent avec les médias traditionnels.[4] Ainsi, lorsqu’un communicant travaille auprès d’une personnalité politique, il lui faut mettre en place une stratégie équilibrée afin que l’information qu’il veut véhiculer ne touche pas seulement les « Tweetos » mais l’ensemble de l’électorat potentiel.

Julie Cazalis

[1] Source : https://twitter.com/

[2] Source : http://www.e-marketing.fr/

[3] Source : https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Numerique

[4] Source : http://www.lefigaro.fr/vox/

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