TEDx revient à Bordeaux, interview de François-Xavier Bodin

Le prochain TEDxBordeaux se déroulera samedi 1er décembre, de 14h à 18h, dans l’enceinte du TnBA (Théâtre national de Bordeaux Aquitaine).

 

C’est l’occasion pour l’Apacom de revenir sur cet événement et de donner la parole à François-Xavier Bodin, porteur du projet cette année.

Depuis 25 ans, les conférences TED font évoluer notre vision du monde. Sciences, sport, art, lettres… quelle que soit sa discipline, un speaker TED dispose de 18 minutes maximum pour nous faire partager ses idées et essayer de nous convaincre qu’elles valent la peine d’être propagées.

Cette année à Bordeaux le thème choisi est Terr(hist)oires et François-Xavier Bodin nous fait le plaisir de répondre à nos questions pour l’expliquer et nous dévoiler les coulisses de l’organisation d’un TEDx.

TEDx revient à Bordeaux en décembre sur le thème Terr(hist)oires. Pourquoi ce thème ? Que pouvons-nous attendre de l’édition 2012 ?

FXB : « L’émergence du thème est un travail collectif. Nous avons fait appel à la communauté TEDxBordeaux — fans Facebook, followers Twitter, membres d’Aquinum et bien sûr l’équipe d’organisation : « et vous, qui aimeriez-vous voir au prochain TEDxBordeaux ? » Plusieurs dizaines de propositions sont ainsi remontées. Un groupe restreint de « curation » a analysé toutes ces propositions, appris à connaître ces speakers potentiels, jusqu’à identifier et formuler la ligne directrice du thème. Finalement, « Terr(hist)oires », c’est ce dont la communauté de TEDxBordeaux veut entendre parler.

TEDxBordeaux, comme TED, n’est pas une conférence « internet ». Nos speakers abordent des sujets variés : cuisine et repas de part et d’autre de la Méditerranée, le territoire intérieur de l’homme, un transfert de technologie décisif au profit d’un pays déshérité, l’alimentation de l’homme préhistorique à nos jours, comment le conte populaire se transforme en migrant, le territoire virtuel dans le jeu vidéo, le sentiment d’être « chez soi », l’habitat vernaculaire, les colonies françaises d’Afrique… et bien d’autres encore. Le programme prévoit aussi des intermèdes artistiques surprises.

Peu ou pas de « tête d’affiche » parmi nos speakers, même si certains sont connus : des personnes qui à leur échelle agissent ou construisent des idées, des savoirs qu’il nous semble important de partager avec les participants de TEDxBordeaux, et au delà.

On me demande souvent si ce sont des Bordelais. Le plus proche vit et travaille à 150m du lieu du TEDx, le plus éloigné vit et travaille au Bangladesh…

Les noms des intervenants de TEDxBordeaux seront dévoilés au dernier moment. Pour l’heure, nos speakers travaillent leurs « talks », l’écriture et la forme — une spécificité des conférences TEDx : leur prestation doit être non seulement claire, mais aussi enthousiasmante, intense, pour captiver, se faire comprendre des participants et leur donner envie de restituer cette passion autour d’eux. »

 

L’organisation d’un TEDx est bordée par la marque.

Comment fait-on pour mettre en place un TEDx ? 

FXB : « Il est vrai que l’organisation d’un TEDx est très encadrée par la licence. Par exemple cette limite de 100 participants et le plafonnement du budget. Ou le contrôle a priori sur les partenariats, l’emploi des  marques TED et TEDx, les relations avec la Presse… Cependant, plus je rencontre d’autres organisateurs de TEDx, plus je me rends compte qu’il n’y a pas une façon unique de prendre en charge un TEDx. Ici, dans une université, l’équipe se régénère naturellement avec le renouvellement des promos. Là, l’initiative se pérennise sous l’ombrelle d’une institution. Là encore, une équipe totalement indépendante réunit volonté de faire, énergie et ressources pour apporter un TEDx à sa communauté…

À Bordeaux, l’association Aquinum a répondu à la proposition des organisateurs 2011, Alexis Monville et Tony Chapelle, de prendre en charge l’édition 2012. Puisque TED ne délivre ses licences qu’à titre individuel, il a fallu désigner un porteur. Mais avant toute décision, j’avais pris la mesure de l’intérêt ambiant, en m’assurant l’implication d’une trentaine de personnes, fans du format et des idées TED, participants 2011, adhérents ou non à Aquinum, et heureusement, certains des organisateurs de la 1ere édition. C’est cette équipe que j’ai l’honneur et le plaisir d’animer, qui fait le boulot.

Le projet est divisé en une dizaine de chantiers, chacun dirigé par un membre de l’équipe auquel les autres membres apportent leur concours, leur expérience, leur expertise…

Ce qui est particulièrement « confortable », par rapport à une création ex-nihilo, c’est que l’environnement TED/TEDx fournit de nombreux conseils, « templates », mode d’emploi, bonnes pratiques, retours d’expériences, outils… L’une des idées clés est la coopération, tant au sein de l’équipe d’organisation, qu’entre organisateurs des TEDx autour du monde (5000 prévus cette année). Et ça fonctionne ! C’est l’un des grands enseignements que chacun retire de cette expérience : l’incroyable capacité à mobiliser une énergie positive (et très professionnelle) pour atteindre notre but commun : réussir TEDxBordeaux 2012. »

 

Comment s’est organisée la communication autour de l’événement ?

FXB : « Je vois la communication autour de l’événement comme une continuité, grâce à la permanence du site web et des présences de la marque TEDxBordeaux sur les réseaux sociaux — page Facebook, compte et hashtag Twitter, Google + et Youtube principalement. Depuis TEDxBordeaux 2011 en effet, les contenus produits ont continué à vivre, que ce soient les vidéos des talks mises à disposition gratuitement sur le compte Youtube de TEDx — une obligation de la licence — éventuellement reprises sur tel ou tel blog, et des échanges épisodiques entre participants sur les plateformes sociales.

Sur ce continuum, se greffe le cycle de vie de l’événement annuel. Pour 2012 :

– en mars : annonce de la possibilité d’une édition 2012, on « réveille » la communauté, envoi d’un email aux personnes qui ont demandé un suivi, posts sur le site, Facebook et Twitter, atelier « bootcamp » à l’espace Saint-Rémi pendant la semaine digitale de la Ville de Bordeaux…

– en avril : communication de la date et du lieu de la conférence ; à ce stade, on touche les fans, les gens qui « achètent la marque » sans hésiter. Le site fait de la place à la nouvelle édition, début de publications de billets, mais il n’y a encore pas grand chose à raconter…

– jusqu’à juillet : sollicitations de la communauté pour proposer des speakers, apparition du thème, mise en forme du dossier de partenariats (qui donne lieu à un démarchage individualisé), mise en place et communication sur le dispositif de participation, annonce des dates d’inscription ; un peu de storytelling autour du tournage du teaser video, des travaux des différents pôles de travail…

– en septembre : ouverture des pré-inscriptions sur le site web, relais sur les réseaux sociaux et surtout sortie du teaser vidéo à l’occasion de la première conférence de Presse au Node. Le « teaser » vidéo est un formidable booster de notoriété, il sera vu plus de 2000 fois en 20 jours, intégré dans plusieurs blogs dont celui de TEDx, partagé des dizaines de fois sur Facebook ; à la fin du mois, l’objectif de pré-inscriptions est atteint. La collecte de fonds auprès des partenaires bénéficie de cet effet de notoriété et de sympathie créé par le teaser vidéo et la conférence de Presse.

– de maintenant à la date de l’événement : l’objectif de communication est de multiplier les lieux relais de diffusion et de permettre aux personnes qui ne pourraient pas participer à TEDxBordeaux au TnBA, faute de place, de se rallier à l’un de ces lieux relais, voire d’en organiser un. Un RV de Presse et blogueurs est prévu le 25 octobre sur ce thème.

– pendant l’événement : une petite sélection de blogueurs et de social media activists est accréditée en fonction de leur proximité avec les sujets traités ; leur « mission » est de participer de l’intérieur à la « bulle » de conversation en temps réel sur les speakers et leurs talks, d’alimenter la rumeur des internautes qui suivent l’événement en livestream soit individuellement soit collectivement dans l’un des lieux relais et éventuellement, de contribuer à l’après-événement.

– après l’événement : la communication joue encore un grand rôle dans la promotion des talks enregistrés de nos speakers, pour leur obtenir la plus grande audience et diffuser leur message le plus largement possible, ce qui passe par la publication de synthèses de leur intervention, le sous-titrage de leurs vidéos, obtenir l’aide de la communauté en ligne pour réussir à les faire remarquer par TED avec l’ambition de les voir diffusés sur TED.com accédant alors à une audience centuplée… Car c’est l’une des missions que se donne un TEDx, organisateurs et participants ensemble : servir de tremplin à ses intervenants pour donner vie à leurs idées, faire avancer leurs projets…

Et préparer le terrain pour l’évolution de l’événement. »

 

Quid de 2013 ?

FXB : « 2013 ne sera que si 2012 est « réussi », c’est-à-dire si toutes les parties prenantes d’un TEDx — les différents cercles du public, les speakers, la communauté TED/TEDx, les partenaires, notre association support Aquinum, la communauté bordelaise et aquitaine au sens large et bien sûr les organisateurs — sont satisfaites, voire heureuses, de la valeur produite.

Ce qui représente encore assez de travail pour ne pas nous disperser dans une prospective hasardeuse : nous n’avons pas encore fait nos preuves.

Ceci dit, des options sont à prendre sans délai.

En effet, nous avons dû nous plier à la règle qui limite à 100 les participants que peut accueillir un « petit » TEDx. L’avantage étant que, libre de toute pression commerciale (100 places…) nous avons pu concentrer nos efforts sur le dispositif éditorial, le contenu, et la forme. Cependant, organiser une demi-journée de talks pour 100 personnes, pour 200 ou pour 450 (capacité de la salle Jean-Vauthier du TnBA), l’effort marginal à nos yeux ne serait pas insurmontable.

Voilà pourquoi, avoir la possibilité en 2013 d’organiser un TEDxBordeaux sous licence supérieure à 100 est une idée, un souhait, qui circule.

Or, seul peut prétendre à une telle licence un organisateur de TEDx ayant participé personnellement à l’un des événements TED officiels : TED, TEDActive ou TEDGlobal. Le plus accessible économiquement serait TEDActive fin février, en bénéficiant d’une remise pour TEDxer ; mais les places sont limitées et il ne faut pas rater le coche. Mon avis personnel est que TEDxBordeaux 2013 ne peut pas être pour la 3è année un « petit » TEDx, quel qu’en soit l’organisateur. »

 

Quel est votre TED talk favori ? Pourquoi ?

FXB : « Difficile de faire le tri parmi les « favoris »… Je me lance, le talk de Frans de Waal : Moral behavior in animals.

Parce qu’en démontrant que les mécanismes fondamentaux de la morale — solidarité, coopération, empathie, réciprocité… — sont présents au naturel chez les animaux, et pas seulement chez nos cousins grands singes, il nous rappelle que en tant qu’espèce, l’être humain porte naturellement en lui cette capacité, ce qui peut être souvent réconfortant et en tout cas nous inspirer et nous encourager à cultiver ce trait chez nos prochains… »

 

Propos recueillis par Christelle Lecomte

Un grand merci à François-Xavier pour l’attention et le temps accordés à cette interview.

Nouveauté cette année, pour celles et ceux qui n’auront pas eu de place pour assister à la conférence, vous pourrez suivre l’événement retransmis en live dans l’un des nombreux lieux relais.
Consultez la liste ici.

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