Christèle Heintz : comment réinventer son parcours grâce à sa passion

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Après une formation dédiée au marketing et à la publicité, Christèle Heintz a travaillé pour de grandes agences ou de grands médias, comme Havas ou NRJ, en tant que Directrice conseil. Elle définissait et supervisait pour ses grands clients leur stratégie de communication multicanal on et off-line.

En 2011, elle a décidé de changer de vie et de rejoindre la métropole bordelaise. Elle a rapidement mis à profit son expérience en partageant son expertise auprès d’étudiants comme intervenante en stratégie de médiaplanning et communication pour le groupe INSEEC.

Passionnée par la formation, la transmission et le monde entrepreneurial, elle a choisi d’intégrer le groupe INSEEC comme Responsable Relations Entreprises et pédagogie des Masters à Sup de Pub.

Interview !

Bonjour Christèle, tu es parisienne et tu as choisi de quitter Paris pour Lyon, puis Lyon pour Bordeaux ! Peux-tu nous raconter pourquoi ?

Le départ de Paris s’est fait en 2003 grâce à une opportunité professionnelle de mon mari, mais aussi par une envie de voir autre chose. Bien que parisienne de souche, je commençais à me dire que « tout ne se passe pas qu’à Paris » et, déjà en 2003, j’aspirais à un autre fonctionnement, davantage tourné vers la qualité de vie, avec comme objectif : « comment trouver la meilleure harmonie entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle avec trois enfants ».

Après 8 ans à Lyon, ville dynamique mais trop loin de la mer à mon goût,  l’océan me manquait et c’est encore pour aspirer à une meilleure qualité de vie qu’on est venu s’installer à Bordeaux en 2011 avec l’envie d’avoir de nouveaux projets ! Côté professionnel, j’avais une expérience chez l’annonceur, plusieurs expériences en agence et dans les médias. Je suis arrivée à Bordeaux en ayant la conviction malgré tout que j’allais « mal vieillir » en agence et je me suis posée la question de comment pouvoir mettre à profit mon expérience du secteur, et la formation en communication est venue comme une bonne solution.

Quels sont les avantages de la métropole bordelaise ?

Bordeaux est pour moi une parfaite synthèse de ce que je cherchais : une ville à taille humaine, on y sent une énergie nouvelle dans les acteurs économiques avec beaucoup d’entrepreneurs qui, ne trouvant pas de poste dans une entreprise ou par choix de vie, décident de créer leur job, une ville que l’on peut parcourir totalement à vélo, ce qui n’est pas le cas à Lyon avec ses deux collines, c’est beaucoup plus compliqué ! J’y ai fait de belles rencontres, les gens ne sont pas du tout fermés comme certains clichés le disent, beaucoup de choses passent par le réseau évidement mais les gens s’entraident facilement je trouve.

Que penses-tu du dynamisme de Bordeaux vs Lyon ?

Lyon est une ville dynamique économiquement du fait de son tissu industriel plus important qu’à Bordeaux et surtout une ville qui s’est développée avec l’arrivée du TGV à 2 heures de Paris. Mais je trouve que Bordeaux, qui n’a pas le même tissu industriel, a du coup été obligée de trouver d’autres sources de développement économique et celle autour du digital en fait partie. D’où cette sensation de nouvelle énergie insufflée par tous ces nouveaux entrepreneurs, jeunes ou moins jeunes, qui souhaitent se lancer dans une nouvelle aventure entrepreneuriale. Et puis bientôt, Bordeaux sera, elle aussi, à 2 heures de Paris, donc il y a pas mal d’espoir pour imaginer l’impact sur la vie économique locale comme cela a été le cas à Lyon.

Tu as été Directrice conseil dans de grandes entreprises comme Havas ou NRJ. Peux-tu nous dire quels étaient les grands challenges que tu devais relever au quotidien ? Et ceux des agences ou grands médias ?

Chez Havas, les gros challenges au quotidien étaient de prioriser, organiser les charges de travail des équipes parce qu’on travaillait sur plusieurs budgets en même temps avec des exigences de clients toujours plus « pressés ». Et lorsque j’étais dans le groupe médias NRJ, c’était de tenir ses objectifs commerciaux ! Même si je faisais partie de l’équipe « Agence conseil internalisée » chez NRJ Global, mes responsables n’oubliaient pas l’ADN « commercial »  d’un groupe médias…

Arrivée à Bordeaux, tu as choisi de t’orienter vers la pédagogie. Peux-tu nous expliquer ce choix ?

Cela est venu progressivement, j’avais 18 ans d’expérience en agence et dans les médias, je me suis dit que j’avais suffisamment d’expérience pour commencer à la transmettre auprès d’étudiants en communication, j’ai donc naturellement contacté Sup de Pub pour commencer à enseigner. Ensuite une opportunité s’est présentée pour travailler sur les Relations Entreprises et sur la Pédagogie des Masters qui s’ouvraient à Sup de Pub Bordeaux, j’ai trouvé le challenge super intéressant car je pouvais utiliser mes connaissances du secteur pour les mettre au service des étudiants et faire connaître notre école spécialisée en communication et marketing auprès du tissu économique local que j’avais envie de découvrir.

Quels sont les challenges actuels des Grandes Ecoles à ton sens ?

A mon sens, c’est que les Grandes Ecoles soient à l’écoute des évolutions du marché de l’emploi, comprendre ce que recherchent maintenant les entreprises comme compétences car cela bouge assez vite. Le digital a pas mal transformé les besoins des entreprises et c’est aux écoles de s’adapter dans leurs programmes. Il faut avoir en tête que 65% des métiers de demain ne sont pas connus aujourd’hui ! Donc il faut s’adapter en permanence.

Et pour les étudiants ?

Il faut comprendre cette nouvelle génération d’étudiants qui sont nés avec cette révolution du digital, celle-ci a bouleversé leurs comportements, leur rapport au travail ou à l’entreprise.

Le programme Sup de Pub a-t-il évolué ?

Oui bien sûr, nous faisons tout pour nous adapter à la demande des entreprises, notamment sur les Master 1 et Master 2 où nous développons des nouvelles spécialisations en Stratégie Digitale/Digital Design /User Expérience (UX)/ Développement Durable et RSE/Web management et Médias Sociaux…

En tant que Directrice des stages et relations entreprises pour Sup de Pub, peux-tu nous dire quelles sont les nouvelles tendances au niveau des entreprises ?

J’ai constaté, en tous les cas sur Bordeaux et sa région, que les entreprises cherchent souvent des doubles compétences, des « touche-à-tout », de la polyvalence, notamment pour le PME/PMI/start-up, des étudiants capables de s’occuper de la communication mais aussi de la création de supports, savoir manier un minimum les logiciels de PAO mais aussi la vidéo, la rédaction de contenu, les réseaux sociaux…

Doivent-elles faire évoluer leurs recrutements ou leur management ?

Le recrutement doit s’adapter aux nouveaux outils utilisés par les étudiants, en utilisant les réseaux sociaux bien entendu et en se rapprochant des service relations entreprises des écoles pour cibler les compétences et les profils. Quant au management, il doit effectivement s’adapter à cette nouvelle génération qui fonctionne en mode projet, qui ne se projette pas à long terme dans une entreprise, qui cherche du sens dans son travail et une bonne ambiance dans l’entreprise… Les clés de la motivation évoluent, les entreprises qui le comprendront auront un temps d’avance et plus de succès auprès des jeunes diplômés.

As-tu un conseil à donner à des nouveaux arrivants sur Bordeaux ?

Réseautez et mettez-vous au vélo !

Propos recueillis par France Vialas

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