Dynamisez vos pratiques de communication responsable

Le 12 juin dernier, la commission Com’Avenir a lancé un cycle d’ateliers. Leur objectif ? Apporter des clés pour des pratiques de communication responsable faciles à mettre en œuvre au sein de nos organisations. Lors de cette première rencontre, il a été question de la manière et de l’intérêt de s’engager dans une démarche de reconnaissance des pratiques RSE. Retour sur ces échanges, en quelques questions choisies.

Animé par Lise Harribey, chargée de communication responsable indépendante, ce premier atelier a rendu plus concret les fondements de la RSE-RSO (Responsabilité Sociétale des Entreprises/Organisations) et les possibilités de certification, grâce aux retours d’expériences des trois intervenantes :

  • Anne-Eugénie Gaspar, chef de projet au sein du Groupe Afnor, leader français de la certification et représentant français de la normalisation ;
  • Climène Koechlin, consultante au sein d’Utopies. Ce cabinet conseil en stratégie de développement durable est devenu un représentant français du label international B Corp, après avoir été le premier certifié en France en 2014 ;
  • Stéphanie Prost, directrice de clientèle de l’agence Aggelos. L’agence, engagée de longue date en matière de RSE, est évaluée AFAQ 26 000 et certifiée B Corp.

Quel référentiel a clarifié la notion de responsabilité sociétale ?

Anne-Eugénie Gaspar : Les travaux internationaux de normalisation, pour la prise en compte des enjeux du développement durable dans les activités économiques, ont débuté dans les années 2000. Après une consultation en 2005, la norme ISO 26 000 a été publiée en 2010 : ce n’est pas une norme de système de management comme par exemple l’ISO 9001 pour la qualité car elle ne spécifie pas d’exigences, et donc ne donne pas lieu à une certification. Il s’agit plutôt d’un texte rédigé sous forme de recommandations qui vise à donner des lignes directrices, pour intégrer la responsabilité sociétale dans l’organisation. Il est basé sur 7 questions centrales et 36 domaines d’actions La France, dont 40 contributeurs aquitains, a activement participé à l’écriture de ce référentiel aux côtés de 99 autres pays. Des guides d’application sur différentes thématiques (gouvernance, achat, etc.) ont ensuite été créés.

Quelle différence avec l’AFAQ 26 000 ?

Anne-Eugénie Gaspar : L’AFAQ 26 000 est un modèle d’évaluation de l’AFNOR qui porte sur la gestion des activités d’une entreprise. Son but est d’apprécier si les pratiques de l’organisation évaluée répondent aux enjeux soulevés et si elles ont des résultats, des impacts. La note est comptée sur 1 000 points, sachant qu’au-dessus de 300 points, elle donne droit au label engagé RSE. Ce logo, valable trois ans, est apposable sur les communications institutionnelles mais pas sur les produits.

Pour approfondir le sujet, téléchargez le Guide d’évaluation AFAQ 26000 à l’usage des métiers de la communication, auquel a collaboré l’APACOM.

Qu’est-ce que la démarche B Corp ?

Climène Koechlin : B Corp est une voie parmi d’autres pour arriver à la responsabilité sociétale. Quand vous êtes certifié, il vous faut modifier l’objet social de votre société pour inscrire noir sur blanc l’engagement que vous poursuivez. Vous rejoignez une communauté d’entrepreneurs qui vont nouer des relations entre eux. C’est une communauté business. A l’origine de ce mouvement, il y a trois entrepreneurs américains qui ont souhaité développer un modèle d’affaires avec plus de sens et un impact positif.

Concrètement, comment être certifié B Corp ?

Climène Koechlin : Un questionnaire (BIA pour « B Impact Assessment »), complété d’un entretien de vive voix, vise à évaluer la façon dont vous faites du business et l’impact de votre produit sur la société. Ouvert à tous dès lors que l’entreprise compte au moins un salarié, il est constitué d’environ 1 000 questions réparties suivant 7 chapitres. 80 points, sur les 200 qui peuvent vous être attribués, sont nécessaires pour obtenir le label B Corp. Il faut également être dans une démarche de progrès permanent. Aucune entreprise n’a encore atteint les 200 points. Les meilleures sont à 180. L’idée n’est pas de chercher à être les meilleurs du monde mais les meilleurs pour le monde ! Cette certification est valable 2 ans, 3 bientôt. Le critère de la transparence est aussi très important : pour preuve, votre résultat au questionnaire est public. En France, 54 entreprises sont aujourd’hui certifiées et deux start-up sont « pending BCorp » car elles ont moins d’une année d’existence fiscale. C’est le cas par exemple de French Poupon basée à Darwin.

Quel(s) choix a fait Aggelos ?

Stéphanie Prost : La signature de la charte Com’Avenir de l’APACOM – une charte de 10 engagements auto-déclaratifs – a été un premier pas. Pour aller plus loin, l’agence a ensuite choisi de se lancer dans une évaluation via l’AFAQ 26 000. Entre 2012 et 2014, nous avons joué collectif avec 4 autres agences de communication de la Nouvelle-Aquitaine : Inoxia, Eugène, Caractères (dans les Landes) et Pasialis (dans les Pyrénées-Atlantiques). Nous avons reçu l’aide, notamment financière, de la Région et de l’ADEME. C’est une démarche qui nous a aidés à formaliser une feuille de route, établir une cartographie de toutes nos parties prenantes, rédiger une charte de confiance signée par tous nos prestataires. Un auditeur est ensuite venu quelques jours à l’agence pour réaliser des entretiens individuels et vérifier in-situ ce que l’on avait mis en place. Notre note a été de 700 points sur 1 000, ce qui correspond au troisième niveau, soit le niveau « maturité ». Le niveau le plus haut est le quatrième, « exemplarité ». Puis la rencontre avec Utopies a poussé l’agence vers le label BCorp. C’est une démarche plus militante, avec des acteurs réellement engagés, comme Nature et Découvertes ou La Camif pour ne citer que des entreprises françaises. Ce qui est intéressant aussi, c’est que le BIA de B Corp, revu tous les deux ans, s’appuie sur l’expérience des répondants. Il est possible de laisser des messages pour pointer ce qui va et ce qui peut être amélioré dans le questionnaire.

Si vous souhaitez faire un premier état des lieux de votre démarche RSE, voici deux plateformes qui vous permettront de vous auto-évaluer gratuitement :

Cela vous permettra de vous fixer un cap vers une démarche d’amélioration.

Si vous êtes membre de l’AACC (Association des Agences Conseil en Communication) vous pouvez aussi témoigner de votre engagement en matière de responsabilité sociale et environnementale en obtenant le « Label RSE Agences Actives ».

La Commission Com’Avenir vous donne rendez-vous le vendredi 7 septembre prochain pour échanger sur la thématique de l’événementiel responsable. Prenez note : l’atelier #2 aura lieu de 9h à 10h30 à Darwin, dans le cadre du festival Climax, qui a reçu en 2017 le prix de l’action éco-responsable aux Festivals Awards.

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Compte-rendu réalisé par la Commission Com’Avenir de l’APACOM

Article rédigé par Julie Cazalis

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