Quand les adblockers imposent leur loi…

Le cauchemar de l’annonceur

Depuis quelques mois, ces petites extensions de navigateurs web qui permettent de bloquer les publicités sont devenues les bêtes noires des sites éditeurs notamment. La promesse des adblockers était d’offrir aux internautes qui les téléchargeaient une navigation plus confortable en supprimant tous les contenus intrusifs et gênants. Au départ, il s’agissait avant tout des pop-up intempestives, des sites under… mais petit à petit, le blocage s’est étendu à tous les types de publicités, dont les bannières mais aussi les pré-roll des vidéos ou encore liens sponsorisés.

Une tendance de fond confirmée par les statistiques

 Il suffit de regarder la courbe des recherches sur Google sur le terme « adblocker » depuis 2010 pour comprendre l’importance du phénomène.

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Une étude Adobe et Page Fair estimait que 200 millions d’internautes avaient utilisé un adblocker en 2014, en croissance de 40% par rapport à 2013. Cette même étude chiffre à 20% environ le volume de publicités supprimées. Or, la publicité est bien souvent le principal modèle économique qui permet de financer de nombreux sites éditeurs de contenus. L’ampleur des téléchargements représente donc une perte conséquente de revenus sur un secteur qui peine souvent déjà à trouver sa rentabilité.

Les éditeurs ne sont d’ailleurs pas les seuls à s’inquiéter.

Google suit de près le phénomène et y consacre un chapitre lors de ses grandes messes annuelles, et Critéo a récemment confirmé avoir payé pour intégrer la whitelist de Adblock Plus, le plus célèbre des logiciels de blocage. Car oui, il y a bien un côté obscur derrière tout cela. Contre rémunération, les bloqueurs laissent en fait passer des supports publicitaires des acteurs qui en paient le prix, sous réserve de respecter un certain nombre de contraintes. Ces whitelists ont d’ailleurs suscité de très nombreuses critiques des internautes qui se sont sentis trahis dans la promesse initiale.

Les internautes en ont assez

Si le système est discutable, on ne peut néanmoins ignorer que la popularité des adblockers reflète une défiance certaine des internautes envers la publicité, qu’ils manifestent ainsi leur exaspération vis à vis des trop nombreuses expositions auxquelles ils sont confrontés. Ce constat doit rassembler sites éditeurs, régies publicitaires et annonceurs autour d’un même objectif : proposer aux internautes des modèles publicitaires plus respectueux de leur navigation, moins intrusifs. Pour cela, la data devrait les aider, de plus en plus, à mieux cibler leurs publics et proposer des messages plus qualifiés et personnalisés !

Magali Thépot

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